Retour sur le Congrès Qualité et Sécurité de la PAQS

27/04/2017

Les orateurs du Congrès de la PAQS ont démontré que la qualité et la sécurité sont des enjeux actuels et qu’il est primordial d’y travailler. La PAQS s'attellera à travailler aux défis énoncés lors du Congrès durant les cinq prochaines années !

Les séances plénières ont proposé aux participants de se plonger d’une part dans une vision internationale de la qualité et de la sécurité, d’autre part dans un secteur externe aux soins de santé. Des similitudes avec notre contexte ont pu être mises en évidence.

Partant du rapport de l’Institute of Medicine de 1999, le Professeur Dan Benhamou, Vice-Président de l’Institut pour la Qualité et la Sécurité en santé, a montré que peu d’avancées ont été réalisées en matière de qualité et sécurité dans notre secteur. En effet, mise à part un cas exemplaire de réduction du taux d’infections suite à la pause de cathéter en réanimation (étude menée par Peter Pronovost), la majorité des grands indicateurs ne présente pas d’amélioration. Ce constat se reflète notamment dans les études ENEIS de 2004 et 2009 en France. La principale raison de ce dysfonctionnement est que le modèle classique sur lequel nous travaillons est statique, daté et décrivant tous les modes de défaillances. Appelé Safety 1, il suggère une multiplication de barrières peu efficaces qui fait perdre du temps aux acteurs et favorise les violations. C’est pourquoi, le système nécessite une évolution vers le modèle Safety 2, prenant en compte l’expertise humaine ainsi que l’instabilité du système et proposant une organisation flexible et apprenante. Les pistes évoquées pour l’amélioration de la sécurité du système sont d’inclure le patient, de développer les compétences non techniques telles que le travail en équipe, le leadership et la communication entre les prestataires de soins.

L’aspect formation est également un enjeu du secteur. Lors de sa présentation, Isam Khay, Président de l’AFQUARIS, a confirmé ce défi et a mis en avant la volonté de développer des solutions d’e-learning. Pour Xavier Vieujean, Responsable du Département Design de TUC RAIL, la formation à la sécurité est un élément indispensable qui demande une implication du management. Le bureau d'ingénierie et de Project Management belge spécialisé en technologie ferroviaire mise sur la sensibilisation à la sécurité et la formation pour réduire les risques.
 
Le partage des évènements indésirables (EI) est également un axe qui a été mis en lumière. Le Professeur Dan Benhamou a souligné que certains EI, suite à une analyse, donnent lieu à une action positive et permettent d’avancer. La culture du feedback est également utilisée par TUC RAIL.
 
Finalement, notons qu'Isam Khay a conclu sur l’importance des échanges, des partages des bonnes pratiques et des collaborations entre institutions qui permettent à chacun d’avancer. 

LES SESSIONS PARALLÈLES

Le Patient Partenaire
Comme indiqué lors des sessions plénières, l’implication du patient est un enjeu actuel dans les soins de santé. Le CHR de Liège et le Groupe Jolimont ont présenté leurs démarches de création de leurs comités patient. Le recrutement des patients est l’un des défis rencontrés pour l’implémentation des projets. Les principales actions mises en place en co-construction avec les patients recrutés sont la publication de brochures et affiches ainsi que la sensibilisation du personnel hospitalier. Les perspectives pour le futur sont d’intégrer des patients partenaires dans les formations pluridisciplinaires.

Leadership
Que ce soit dans un projet d’accréditation ou tout autre projet d’amélioration continue de la qualité des soins, le leadership est un facteur de succès. Il n’existe pas un profil défini et détaillé du leader, car cela dépend de la position et de la fonction que celui-ci a dans l’organisation. Cependant, à partir de la recherche et des expériences, nous pouvons identifier quelques comportements-clés d’un leadership efficace : inclure les patients et les membres de la communauté dans tout le processus ; être présent, croire au projet et le démontrer à travers son  comportement ; créer une vision claire et convaincante, et faire ensuite grandir un sentiment d’urgence au sein de l’organisation pour accomplir cette vision ; exiger la transparence des résultats, des progrès, des objectifs et des   défaillances ; supprimer les limites mentales, créer une culture d’ouverture et encourager ainsi les approches non traditionnelles de résolution des problèmes et des défis. Finalement, il est important d’observer que le leader est essentiel à tous les niveaux d’un établissement de soins.

Les mesures et l’amélioration sur le terrain 
Les mesures sont des outils qui permettent aux institutions de soutenir leurs projets d’amélioration de la qualité des soins. Les initiatives se multiplient et les patients sont de plus en plus sollicités comme au CHU Brugmann qui développe la mesure des résultats cliniques rapportés par les patients (PROM) et le CRP Les Marronniers qui collecte la satisfaction de leurs patients. Pour mener à bien de tels projets QuintilesIMS nous rappelle que le soutien de la direction et la cohérence avec le plan stratégique de l’institution sont essentiels à la mise en place et au suivi d’indicateurs. Cela permet de faciliter l’implication des équipes de terrain et assure aux gestionnaires du projet les ressources nécessaires. Enfin, les trois orateurs ont rappelé l’importance de contextualiser les données, de se remettre en question et de proposer des actions d’amélioration.

La culture sécurité
Au cours de ces dernières années, de nombreux pays, en particulier les pays industrialisés, ont mis en place des stratégies nationales pour réduire l’incidence des évènements indésirables associés aux soins (EIAS). Cependant, malgré ces stratégies, nous constatons que l’ampleur et la gravité de ces EIAS sont toujours très importantes dans le milieu hospitalier. La mise en place d’une culture de sécurité constitue un axe fondamental pour les soins de santé et la réduction des erreurs. En effet, il s’agit d’un concept complexe qui peut se définir comme une transition vers une culture juste, transparente et positive. Les erreurs ne sont plus considérées comme des échecs personnels, mais comme une opportunité d’apprendre et d’améliorer le système.

Les mesures et l’amélioration : les sources d’information 
Face à l’intérêt grandissant pour les outils de mesure de la qualité des soins, les institutions ne sont pas seules et peuvent bénéficier de soutiens externes pour mesurer la qualité de leurs soins. Des organisations telles que l’Institut de Santé Publique (ISP), le Registre du Cancer, le Centre d’Épidémiologie Périnatal (CEpiP) ou encore l'Agence Intermutualiste (AIM) offrent un support dans la production et l’interprétation d’indicateurs de qualité. Pour susciter des changements dans les pratiques cliniques, les orateurs ont souligné l’importance d’une collaboration des différents acteurs du système de soins. Une coordination des points de vue est donc essentielle si l’on veut l’adhésion du terrain à des démarches qualité guidées par des outils de mesure. 

L’innovation et la e-santé
Cette session a permis aux participants de mieux comprendre l’action de la Région de Bruxelles Capitale dans le soutien à l’innovation et la création d’entreprises innovantes via les services proposés par lifetech.brussels. Les solutions proposées par deux start-ups innovantes ont pu être présentées : Communicare — un trajet de soins facilité pour le patient et sa famille, mais aussi Vividoctor — la consultation médicale en ligne simple et efficace. La session s’est terminée par une vision plus large de l’avenir des soins de santé dans ce monde de plus en plus digital avec la présentation de Vincent Dupont.

Retrouvez toutes les présentations de la journée ici

 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos conditions générales d’utilisation ainsi que l’utilisation de cookies.