Retour sur les JIQHS 2018

11/12/2018


Les Journées Internationales de la Qualité Hospitalière et en Santé (JIQHS) se sont tenues les 3 et 4 décembre 2018 à Paris. Rendez-vous annuel incontournable en France, ces journées fêtent cette année leur 20ème anniversaire. L'occasion pour le président des JIQHS, Pascal Forcioli, de revenir sur les éditions passées, mais aussi de tracer le contour des prochains défis de notre secteur qui devront concilier Qualité, Efficience et Approche systémique. 


RETOUR SUR LES DEUX JOURNÉES

Les JIQHS 2018 ont débuté par une présentation du Professeur Philippe Michel qui proposait un bilan du Programme National de la Sécurité des Patients 2013-2017. Aujourd'hui, il apparait clairement que ce programme avait avant tout comme objectif de développer une culture partagée de la gestion des risques. Et si ce programme a permis de poser un cadre de travail, il n'a pu donner une image claire et précise de la situation réelle de la sécurité des patients en France et des éventuelles améliorations de celle-ci. Le programme ne proposait en effet ni indicateurs, ni objectifs. Il s'agit d'une lacune importante qui devra être prise en compte pour la suite, de même que les différentes recommandations issues de l'évaluation du Programme avec notamment la gestion des risques relatifs à l'innovation technologique et organisationnelle, ou la gestion des risques liés au parcours de soins. La gestion des évènements indésirables graves devra aussi être repensée et améliorée : circuit-court pour favoriser l'apprentissage et les actions correctrices, l'appui par les structures régionales, la formation des professionnels, la culture sécurité ou encore la recherche en la matière. Le Livre Mauve n'est pas loin… Le Professeur Michel terminera en soulignant que tous ces éléments ne doivent pas faire oublier les fondamentaux de la sécurité des patients, tels que l'identito-vigilance ou la communication, qui doivent rester la priorité. 

Un atelier PAQS - AFQUARIS (Alliance Francophone pour la Qualité et la Sécurité des soins) a proposé une mise en perspective des démarches Qualité et Accréditation au Maroc, en Tunisie et au Liban. Cet atelier a également été l'occasion d'annoncer l'évolution de l'AFQUARIS avec un déplacement de son siège social à Bruxelles et la réorganisation de l'association afin de faciliter l'inclusion et la participation des acteurs Q/S de la francophonie aux activités du réseau. Laure Istas, Quality & Safety Officer à la PAQS, a présenté l'expérience belge de TeamSTEPPS au cours d'un autre atelier qui réunissait également un collègue suisse et une collègue française ayant travaillé sur cette méthodologie.

L'Institut français de l'expérience patient a ouvert la plénière du mardi après-midi, en soulignant que moins de la moitié des professionnels de santé savent ce qu'est l'expérience patient, alors même qu'il s'agit d'un tournant dans l'amélioration de la Qualité et de la Sécurité. Marie-Pascale Pomey a ensuite pris la parole pour un exposé sur l'expérience canadienne en la matière. Elle a notamment évoqué la valeur ajoutée d'illustrer les chiffres et les rapports présentés aux conseils d'administration par des histoires de patients, mais également l'impact que la visite hebdomadaire d'un directeur auprès des patients a sur le développement d'une culture sécurité orientée patients au sein de l'organisation. Pour conclure, elle a mis en avant l'importance de passer d'une « prise en charge » vers « un accompagnement » du patient dans ses soins. 

Enfin, le directeur Développement Qualité et Coordination SMI d'Air France est venu présenter l'approche qualité systémique de la compagnie. Il a notamment mis en avant l'indispensable approche processus pour que le système fonctionne, la nécessaire industrialisation de ceux-ci tout en permettant la customisation des services, et l'obligation de travailler sur les coûts de la non-qualité pour préserver la faible marge liée à la forte concurrence du secteur. Il a aussi insisté sur le poids du « maillon faible » dans l'expérience du client, sur l'apport du digital comme accélérateur dans l'amélioration mais qui ne peut se substituer aux processus, et sur l'innovation participative comme élément clé dans la culture organisationnelle. Il a conclu en rappelant que pour les passagers, la sécurité est un besoin implicite, auquel ils ne pensent pas en montant dans l'avion. Mais pour l'organisation, la sécurité, c'est la base, il faut en parler tous les jours. Les soins de santé ne sont pas loin…

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